bois et couleur

Poutre colorée

1973 

     J’ai décidé de poser la couleur rouge en stries séquentielles qui se déperdait dans le bois naturel, comme une pulsion, en fait ce qui m’intéressait à l’époque c’était le rapport à l’espace que j’avais intégré en regardant les constructivistes Russes et les minimalistes Américains.
Je n’ai pour l’instant trouvé dans mes lectures, de théoriciens ou d’historiens de l’art qui évoquent cette découverte, on se perd toujours dans le sujet alors que c’est la plastique qui devrait être le propos. Cette orientation méthodologique aura été le but de ma recherche jusqu’à l’heure actuelle. Ainsi je m’aperçois que les prémonitions intuitives que j’avais à l’époque se révèlent et mûrissent avec mes nouvelles présentations, la dernière en date sera l’exposition à “Immanence” à Paris en 2014.

On se remémore, de cette poutre de 4m sectionnée en deux morceaux, l’un de 3m, l’autre de 1m. Elle était posée au sol, elle prenait l’espace du sol comme une étendue. En tant que volume elle subvertit la notion de verticalité, (chère à nos sculpteurs traditionalistes), de socle…. Mais elle introduisait la couleur ce qui l’a ramenée dans le champ de la peinture d’où la difficulté pour la critique de l’époque de la nommer et par le fait même de m’intégrer dans une quelconque catégorie, inutile de dire en passant que le chemin fut long pour la reconnaissance de ce travail qui se situe justement entre la peinture et la sculpture.

    D’ou la nécessité de rechercher un nouveau vocabulaire loin du tableau peint, de la sculpture, de l’installation (toujours “salle de bain”) de la performance : catégories académisantes et déprimantes. On peut parler de volume peint dans l’espace en toute douceur et légèreté et cela dans une continuité que l’on perçoit rétrospectivement.